La place de la machine dans le métier de traducteur

La cité des poupées

Fut un temps, on imaginait le traducteur assis à son bureau, le nez plongé dans sa machine à écrire tout en réfléchissant à quelle tournure de phrase serait la plus jolie pour restituer au mieux la beauté du texte d’origine.

C’était avant l’apparition de Google Traduction.

Maintenant, avec l’avènement de toutes ces nouvelles technologies, des ordinateurs de plus en plus puissants, des algorithmes de plus en plus sophistiqués, on pourrait penser que l’ère des traducteurs humains est bientôt révolue. C’est cependant encore loin d’être le cas.

 

Il ne vous sera pas expliqué dans cet article pourquoi les machines sont encore loin de prendre le pas sur les humains mais plutôt de quelle manière celles-ci cohabitent avec le traducteur.

Quand on parle de traduction automatique, on pense forcément à Google Translate, et dans une moindre mesure à Bing dont les résultats sont souvent moins probants que son illustre confrère. Il existe pourtant d’autres solutions, d’autres façons d’utiliser intelligemment les capacités d’un ordinateur tout en sauvegardant le côté humain que l’on a quand un individu porte un contenu d’une langue-culture A vers une langue-culture B. On appelle généralement ces outils des logiciels de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur, ou CAT en anglais). En quoi consiste un logiciel de TAO ?

Un logiciel de TAO est un outil spécialement conçu pour le traducteur professionnel. Il n’a pas de sens si on l’utilise pour quelques pages de texte une fois par an, par contre il dévoile toute sa puissance face à d’importants volumes de texte à traduire dans un intervalle de temps réduit. En somme, ce logiciel de TAO répond à différents besoins primordiaux chez le traducteur :

  • La vérification orthographique (elle existe sur word, jusque-là, rien de transcendant)
  • La vérification grammaticale (même commentaire qu’au-dessus)
  • La gestion de banques de terminologies
  • L’intégration d’outils tels que traducteur automatique, dictionnaires (de synonymes), d’outils de statistique
  • Une interface de gestion de projet permettant de quantifier son avancement, son format, et surtout
  • Les mémoires de traduction (à mettre en rapport avec la gestion des banques de terminologies)

Pour résumer, ces logiciels de TAO permettent à un traducteur de rester cohérent d’une partie à l’autre d’un projet, voire d’un projet à l’autre (rien de pire que de traduire un terme spécifique de plusieurs façons). Et si par malheur leur imagination devait pécher, ils ont tout à portée de clic afin de trouver l’inspiration (et le mot juste !). Mieux encore, parce que le traducteur est quelqu’un de très occupé, le logiciel va comparer des séquences de phrases qu’il a à traduire et proposer des traductions partielles de segments dont la structure se rapproche d’autres segments déjà traduits. On lui mâche le travail.

Si c’est un outil formidable pour un seul traducteur, ça l’est également pour le client. Plus besoin comme avant de fournir au traducteur tous les documents référents déjà traduits auparavant si celui-ci n’est pas familiarisé avec le contenu. A chaque projet, le client demande à ce que ses « mémoires de traduction » soient utilisées et mises à jour, ce qui permet ainsi une terminologie identique d’un document à un autre, d’un traducteur à un autre ainsi qu’un style préservé dans les grandes lignes. Vous comprendrez que ces détails sont très appréciés pour toutes les traductions techniques, les manuels d’imprimante ou de GPS. Les logiciels de TAO sont quasi-systématiquement un must-have pour tout traducteur technique (ce qui représente quand même une grosse partie des traducteurs).

Bien entendu, tout cela a un coût. Si certaines solutions de TAO sont gratuites comme OmegaT, elles sont souvent moins intuitives et moins puissantes que les solutions payantes. De plus, l’intercompatibilité ne fonctionnant pas, pour peu qu’un client vous demande un travail sous Trados et vous fournisse des mémoires de traduction Trados, vous n’aurez d’autre choix que d’utiliser ce logiciel (qui lui, est très cher). Si Trados est le plus couramment utilisé, vous pourrez aussi vous en tirer avec des logiciels comme WordFast, DéjàVu (toujours payants, mais moins onéreux), etc. Chacun à son interface et ses défauts, certains manquent de puissance, d’autres de flexibilité.

Maintenant, l’autre meilleur ami du traducteur, c’est bien sûr internet (et les bibliothèques s’il est vraiment pointu et motivé). Internet, c’est la possibilité de poser une question à ses confrères sur des forums spécialisés, de chercher, comparer, décrypter ou tout simplement d’approfondir sa connaissance sur un sujet particulier. Parce que bien entendu, quand on traduit, il vaut mieux savoir de quoi on parle.

Bien entendu, la traduction ne se résume pas au technique et certains secteurs peuvent se passer des logiciels de TAO (mais moins d’internet). Le traducteur littéraire ou celui de jeux vidéo par exemple. Quand il s’agit d’avoir un style propre et non pas générique, quand le vocabulaire n’est pas cantonné à 300 mots, les logiciels de TAO sont peu utilisés. Pour traduire les jeux vidéo par exemple, on utilise souvent un fichier Excel bourré de macros qui permet de mettre côte à côte toutes les langues, d’utiliser des formules vérifiant qu’il n’y a pas d’overflow (trop de caractères écrits par rapport à l’espace disponible dans une bulle de texte par exemple), le tout construit de manière à pouvoir modifier et compiler le fichier rapidement et simplement afin de pouvoir traduire, tester et corriger le jeu dans un délai court.

Le retour de No Ink

Comme vous l’aviez remarqué, le blog de No Ink Translation n’a pas été alimenté pendant quelques temps. Sachez que c’était transitoire et qu’il sera à nouveau régulièrement alimenté à partir de cette semaine.

Dialectes et mentalités au Japon – le Kansai-ben et le Hyôjungo

Kyoto - Japon

Petite ruelle typique de Kyoto

Aujourd’hui, je vais aborder un aspect relativement méconnu du Japon : celui de ses dialectes et de ses différences culturelles.
S’il nous semble normal que la France abrite différents accents, voire patois (comme l’Alsacien, pour parler de celui que je connais le mieux), étant donné la répartition démographique et l’idée qu’on peut se faire de l’ordre japonais, on pourrait penser que la langue japonaise est uniforme. C’est loin d’être le cas, et ce même sur l’île principale.
En effet, au Japon, il y a énormément de dialectes, et au sein même de ces dialectes il existe des variantes locales suivant la ville où on se trouve. Je ne vous ferai pas un topo exhaustif de tous les dialectes existants, d’autres sites sont là pour ça et honnêtement, il y en a trop. Mais je peux par contre vous donner une idée de ce à quoi ça ressemble.

Pour parler de ce que je connais ou ce à quoi j’ai pu être confronté : il y a par exemple le Kansai-ben et le Hyôjungo. Pour l’un il s’agit d’une variation parlée dans la moitié Sud de l’île principale (Honshû) dans une région appelée le Kansai (et où se situe Osaka et Kyoto) tandis que l’autre fait figure de japonais officiel et est parlé autour de Tokyo.

Comme je vous le disais précédemment, il existe une multitude d’autres variations comme le Fukuoka-ben ou encore l’Akita-ben (qui ne ressemble même plus à du japonais), etc. Seulement, le Kansai-ben et le Hyôjungo sont emblématiques tant ils illustrent bien la différence de mentalité existante entre le Nord et le Sud de l’île.

On dit souvent qu’Osaka, sorte de capitale du Kansai-ben, est à Tokyo ce que Marseille est à Paris. C’est à dire un accent différent, une mentalité différente, une conduite différente. Même s’il n’existe pas de rivalité entre les deux villes, les deux localités s’affrontent dans le sport et sont fortement attachées à leur identité locale.

Concrètement, quelles sont les différences ?

Concernant la langue, certains mots sont raccourcis, d’autres changés, de nouvelles expressions apparaissent et l’utilisation de certains mots est complètement différente. Voici quelques exemples pour mieux illustrer :

- 面白い- amusant – omoshiroi à Tokyo est contracté en omoroi dans le Kansai
- ダメ – interdit – dame à Tokyo est remplacé par akan dans le Kansai
- えらい – erai : ce mot existe partout et veut normalement dire « grand, super, génial » et est relativement peu utilisé. Dans le Kansai, il est utilisé dans un sens complètement différent qui serait proche de 大変 (taihen) qui veut dire « problématique, terrible ». Et cela va notamment donner l’expression « erai me ni atta » typique du sud de Honshû et signifiant que quelque chose était vraiment fatigant ou difficile à faire (une sorte de « j’en ai bavé »).

Il existe de nombreuses autres différences, notamment dans les accents aussi ce qui fait que parfois, un japonais d’Osaka et un autre de Tokyo auront du mal à se comprendre. Même si la télévision japonaise met en scène énormément de comiques venant pour beaucoup d’Osaka (c’est très important d’être drôle dans le Kansai) et que les informations TV sont en japonais traditionnel, certaines expressions font malgré tout obstacle (essayez de dire « erai me ni atta » à un habitant de Tokyo pour voir sa réaction).

Ce qui est amusant, c’est que cette incompréhension ne résulte pas seulement d’une barrière linguistique mais aussi d’une différence de caractère. Si vous aviez l’image du japonais obéissant et discret, les choses peuvent être légèrement différentes dans le Kansai. A Osaka, on traverse au rouge (on grille les feux rouges aussi, mais c’est moins fréquent), on parle sans ambages. Les vélos roulent à contre-sens en téléphonant et sans lumière sur les 4 voies. Il faut être drôle et c’est cool d’être bronzé.

Alors je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a que des gens irrévérencieux dans le Kansai et que des gens polis dans le Kantô (loin s’en faut), mais on peut malgré tout observer deux tendances propres à chaque ville. Il suffit de voir combien de fois on se fait accoster et inonder de questions par des grand-mères dans le Kansai pour comprendre le côté chaleureux de la région.

Ces variations sont aussi plus ou moins marquées suivant la ville. Si à Osaka, on ne sait pas ce que veut dire un petit bonhomme rouge quand on est piéton, à Kyoto, pourtant située à seulement 40 minutes en train, on le respecte (majoritairement).
Autre différence amusante, à Tokyo, on prend l’escalator à gauche et les gens pressés dépassent par la droite. A Osaka, on le prend à droite et les gens pressés dépassent par la gauche. A Kyoto (qui se situe entre les deux villes), suivant la station où on se trouve, ce sera soit d’un côté, soit de l’autre. Pour les japonisants, un site entier photos à l’appui sur la différence entre les escalators de Tokyo et Osaka. Autant de petits détails qui une fois accumulés donnent une identité propre à chaque région.

Se clôture cette introduction aux différences linguistiques et culturelles internes au Japon. Il en existe beaucoup d’autres que j’aborderai dans le futur, notamment l’importance de l’humour à Osaka.

Les crédits dans les jeux vidéo

Crédits de fin de No More Heroes Credits (PS3)

Crédits de fin de No More Heroes (PS3)

Aujourd’hui, nous allons parler un peu de localisation de jeux vidéo et plus particulièrement des crédits, c’est à dire cette longue ribambelle de noms et que l’on voit à la fin ou au début d’un jeu et que la plupart des gens tente de passer aussi vite que possible.
En général, on utilise ces crédits pour remercier des contributeurs, ou des collaborateurs, ou encore il s’agit parfois tout simplement d’une forme de mise en avant (parfois obligée) des partenaires avec qui on a dû travailler.

 

Dans le milieu littéraire, il parait à peu près évident de voir sur la couverture le nom du traducteur ou de la traductrice ayant porté l’oeuvre de la langue d’origine vers la sienne. Il s’agit ici d’un travail personnel (et de longue haleine) et au cours de la traduction, le livre est souvent adapté et il est très difficile de retranscrire le style original sans injecter dans la traduction de son propre style (ou de ses références culturelles).

Dans le jeu vidéo (et plus généralement dans le multimédia), c’est un peu différent.

Bien souvent les clients, quand ils demandent une traduction, exigent la propriété intellectuelle complète du texte traduit afin de pouvoir le retoucher, l’adapter, le corriger et l’intégrer à leur sauce dans différents supports. Si vous prenez par exemple un manuel d’imprimante, vous aurez peu de chance de voir des crédits mentionnant le traducteur alors qu’il y a fort à parier que celui-ci ne faisait pas partie de l’entreprise éditrice du manuel. Une autre des raisons vient du fait que les projets multimédia sont souvent des projets multilingues lancés simultanément et passant au travers de divers traducteurs voire agences de traduction. En effet, il n’est pas rare de voir entre le client d’origine et le traducteur plusieurs agences qui auront sous-traités les unes entre les autres. Et pour aller encore un peu plus loin, et si le client est consciencieux, il demandera une relecture du fichier traduit par un autre prestataire afin de valider la qualité de la livraison, ce qui complique encore un peu plus les choses. Et finalement, cerise sur le gâteau, le nombre d’intermédiaires entre le traducteur et le client original est souvent inconnu de ce dernier. Si bien que celui-ci n’aura finalement aucune raison de citer son prestataire dans les crédits du fait qu’il n’est même pas sûr que c’est effectivement ce dernier qui a assuré le suivi de la traduction. De plus, la publicité générée par une rentrée dans les crédits se monnaie aussi.

Toutes ces raisons font que lorsque l’on est traducteur, et même si on travaille sur d’importants projets, il est finalement très rare de voir son nom apparaître dans les crédits.

A titre personnel, j’ai eu la chance de travailler sur de grands titres comme Kingdom Conquest de Séga, Harvest Moon, No More Heroes (PS3) de Marvellous Entertainment, ou encore la série King of Fighters. J’ai également traduit (légalement et moyennant rétribution) des mangas tels que Cobra du japonais vers le français (et d’autres moins connus voire vraiment bizarres). De tous ces titres, ni moi ni l’entreprise pour laquelle je travaillais à l’époque n’auront été cités la plupart du temps. Parfois, quand on est chanceux, on voit cependant son nom apparaître comme l’image attachée ci-dessus où on voit mon nom pour la version française de No More Heroes (PS3). Plus récemment, nous avons également traduit un chouette jeu à score appelé Nosferatu pour Smuttlewerk Interactive (qui vient d’ailleurs de lancer un nouveau puzzle game vraiment sympa). Là aussi, l’équipe de programmation a eu la gentillesse de nous citer dans les crédits.

Evidemment, ces petites attentions sont anecdotiques.

Donc oui, nous autres professionnels des langues sommes injustement reconnus pour notre travail * petite larme *.

Mais c’est le jeu et finalement avoir la chance de travailler dans ce milieu là vaut tous les crédits du monde !

 

Le monde de la traduction – Dans la peau d’un traducteur

Il y a longtemps que ce blog n’avait plus vu de nouveau contenu. Je profite donc d’un exemple frais dans mon entourage pour vous parler d’une réalité que bien souvent, peu connaissent.
Les aléas de la traduction quand on a fini de traduire.
Cette note s’adresse tout particulièrement aux jeunes traducteurs ou aspirant à l’être.

 

Première chose à savoir, il est rare de voir des agences de traduction ayant leurs traducteurs en CDI. La plupart du temps, celles-ci font appel à des traducteurs en « freelance » afin de traduire leurs projets d’une langue A vers une langue B.

- Qu’est-ce qu’un traducteur freelance :
Il s’agit d’un traducteur à son propre compte (en libéral le plus souvent). La plupart du temps, il est difficile de travailler « in-house », c’est à dire directement dans l’entreprise (salarié ou non). Les langues dans lesquelles le traducteur travaille sont peut-être peu demandées et une seule agence n’a souvent pas assez de projets permettant de justifier un contrat de travail pour son traducteur si bien que beaucoup de traducteurs et d’agence ont recours à ce système de prestation de services.
Le système freelance permet ainsi à un traducteur de partager son temps entre plusieurs agences, et aux agences d’avoir une flexibilité salvatrice vis à vis des charges salariales, des périodes de vache maigre, etc. En plus de ça, on ne trouve ici ni contrainte physique, ni contrainte horaire dans la mesure où si le travail est bien fait et à temps, que les intéressés ne se voient pas ou n’arrivent pas en même temps au bureau ne change finalement pas grand chose. Et il est bien souvent plus facile de trouver des natifs d’une langue donnée dans le pays où elle est parlée qu’autour de chez soi.

Cependant comme on peut s’en douter, ce système a ses avantages mais aussi de sacrés inconvénients (liés le plus souvent au support volatile qu’est internet).

Si l’agence est correcte, la traduction sera directe entre les deux langues, le traducteur, un habitué de la boite sur qui l’agence sait qu’elle peut compter (même s’il est en freelance) et le projet aura été négocié avec un délai et un budget suffisants pour assurer une traduction de bonne qualité.

Si l’agence n’est pas correcte, ça peut coincer à tous les niveaux cités ci-dessus : Elle peut recourir a la traduction automatique qu’elle fait corriger ensuite pour baisser les coûts, employer des traducteurs sans qualification ni expérience, demander un rendu dans un délai trop serré ou tout simplement, définir un budget trop faible pour assurer un bon travail. Malheureusement, avec la crise économique, ces pratiques se sont développées, précarisant ainsi encore plus la position du traducteur freelance qui ne sait désormais plus à quel saint se vouer pour faire correctement son métier. N’oublions pas que traduire en freelance, c’est dépendre de rentrées d’argent aléatoires et souvent irrégulières et que le non-paiement d’un gros projet peut mettre en péril la subsistance d’un individu sur plusieurs mois. Des assurances existent mais ne sont pas toujours suffisantes, surtout pour les auto-entrepreneurs qui ne sont guère prisés par les sociétés d’assurance du fait du flou entre personne physique et personne morale lié à la définition de l’auto-entreprise.

Quelques précautions à suivre quand on est traducteur :

- Vérifier que son client existe vraiment. Lui demander un bon de commande (Purchase Order) avec toutes les informations légales nécessaires permettant de vérifier/confirmer son identité. Certains traducteurs ont effectué de gros projets pour des agences qui, une fois le travail rendu, ont disparu dans la nature (site internet, adresses mail, tout avait disparu). Je vous laisse imaginer les conséquences pour des projets à temps plein étalés sur 2 mois et se chiffrant à plusieurs milliers d’euros.
- Bien vérifier les conditions du bon de commande (les délais de paiement, les conditions générales, etc). Il existe en Europe des lois plafonnant les délais de paiement (actuellement 2 mois) pour les prestataires de service. Attention également aux clauses abusives souvent hors la loi qui infligent des pénalités monstrueuses en cas d’erreur dans la traduction. Ne pas hésiter à demander aux confrères.
- Toujours demander un bon de commande, ne pas commencer un travail sans avoir eu l’aval catégorique et en live du chef de projet, papier officiel à l’appui. Ca peut éviter de travailler en doublon pour rien. C’est surtout valable lorsqu’on est un peu lent à la réponse.  Ca évite aussi de se faire avoir par des chefs de projets peu scrupuleux qui arguent d’un signal de départ flou et d’un malentendu pour ne pas vous payer un projet dûment rendu et traduit.
- Se faire un réseau de confiance. Quand on n’a pas la chance de travailler en CDI pour son employeur, on s’arrange pour bien s’entendre avec ses clients. Un client heureux, c’est un client qui revient. Cela demande de la disponibilité et du sourire et quand on travaille sur internet, il vaut mieux assurer ses arrières.
- S’il s’agit d’un nouveau client, vérifier sa réputation (les traducteurs aussi font des « background checks »). Il existe des sites spécialisés qui répertorient les mauvais payeurs, les mauvaises pratiques, et les clients sincères. Ce point est primordial pour s’éviter de grosses et mauvaises surprises (voir les points du dessus).
- Ne pas hésiter à sortir l’artillerie lourde en cas de conflit, même si le malfaiteur est sur un autre continent. Il existe des sociétés de recouvrement de fond partout et personne n’aime avoir affaire à ces gens là, pas même les mauvais payeurs (cela a un coût cependant).
- Être conscient de son expérience, de la valeur de son travail et de la réalité du marché. Nous sommes sur un marché globalisé, si vous êtes plus cher que quelqu’un d’autre, il faut le justifier. La tendance actuelle n’étant pas au surcoût, il faut parfois faire preuve de beaucoup d’inventivité. Être prêt à revoir à la baisse ses tarifs ne signifie pas qu’il faut accepter des jobs sous-payés. Les agences ont parfois des budgets très restreints mais quand ceux-ci sont trop bas et que vous n’aviez jamais eu affaire à l’agence avant, c’est qu’il y a anguille sous roche.

Il y a bien sûr beaucoup d’autres points auxquels il faut prêter attention et cette liste n’est pas exhaustive. Le but de cet article est avant tout de sensibiliser le lecteur sur ce secteur qui subit de plein fouet la mondialisation, sa crise et la montée en puissance des technologies de l’information dans les pays émergents.
No Ink Translation a la chance d’être entourée de traducteurs chevronnés avec qui l’équipe travaille en toute confiance depuis plusieurs années. L’univers des langues, de la traduction et les dimensions culturelles qu’il faut savoir transposer sont autant de choses qui nous passionnent dans notre métier et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre. Si cet article permet ne serait-ce qu’à quelques personnes partageant notre passion de se lancer au mieux dans le milieu de la traduction, son objectif aura été atteint.

 

NB : Notez aussi que n’ont été abordé dans cet article que des points incriminant les agences de traduction. Les mauvaises pratiques existent aussi chez les traducteurs en freelance.
NB-bis : Cet article a été rédigé suite aux mésaventures d’un traducteur de notre entourage avec une agence de traduction allemande peu professionnelle.

L’humour et le mignon au Japon – Mameshiba – part. 1

Mameshiba - Dentsu©

Mameshiba - Dentsu©

Souvent, quand on entend parler de l’humour japonais en France, on pense à des émissions qui nous paraissent complètement loufoques. On peut citer par exemple Takeshi’s Castle (ou 風雲、たけし城 soit « vent et nuages, le chateau de Takeshi ») où une série de participants passent des épreuves toutes plus étranges les unes que les autres (notre « Intervilles » a l’air d’un camp de vacances à côté) ou encore le très médiatisé «  gaki no tsukai  », show TV décliné en plusieurs types d’émission mettant en scène des duos comiques au fort accent du Kansai. Je reviendrai sur ces différentes émissions dans un article ultérieur, elles valent le coup qu’on en parle.

Aujourd’hui, je vais plutôt parler d’un humour japonais plus répandu et grand public. Un humour qui se base sur la situation et sur le contraste entre le mignon et l’étrange. Et pour cela, nous avons un exemple tout trouvé :

- Mameshiba.

Mameshiba est un néologisme composé de « mame » (豆), signifiant le haricot, la pousse de soja… et « shiba » de « shiba-inu », une race de petit chien japonais. Pour faire simple, le mameshiba est donc un haricot à tête de chien mais on peut aussi le trouver sous la forme d’une pousse de soja, d’un grain de café, vous verrez très vite.

A l’origine, c’est une franchise popularisée par Dentsu (agence de publicité leader de son marché au Japon) sous la forme de spots publicitaires humoristiques et presque mignons dans le but ensuite d’en faire des produits dérivés (voir les liens youtube ci-dessous afin de vous faire une meilleure idée). Pour faire simple, Dentsu a passé à l’antenne ces différents spots, permettant ainsi à la franchise « mameshiba » de se faire connaitre pour ensuite proposer moyennant finances aux industriels japonais d’utiliser l’image « mameshiba » afin d’augmenter leurs ventes.

Spots TV de Mameshiba en VO
Spot TV de Mameshiba en VOST-FR

Après avoir vu la version sous-titrée et compris ce que ces mameshiba racontent, on comprend facilement le comique de la chose : des personnages se trouvant dans des situations tout à fait ordinaires se retrouvent confrontés à un mignon petit grain qui leur raconte des atrocités avec une petite voix angélique et enfantine. On ajoute à cela divers jeux de mot comme ce qu’on peut lire à la fin du poste écrit en haut « 今日の豆ちしき » ou « kyô no mame chishiki » (mamechishiki voulant dire en français : « graine de connaissance », expression que l’on pourrait traduire par « trivialité », sorte de savoir inutile si précieux quand on joue au trivial pursuit) et vous avez ici un furieux cocktail de mignon, d’amusant, et de marketing typique au Japon.

Face au succès rencontré au pays du soleil levant (et même ailleurs dans le monde grâce au téléchargement illégal des animés japonais), la franchise a donné naissance à de nombreux produits dérivés : des tasses, des plateaux repas, des chaussons et même des applications iPhone et androïde comme 豆しばつまみ de kickapoo inc où il faut attraper ces petits haricots afin de débloquer des bonus.

Appli de Mameshiba Catch ou 豆しばつまみ

Appli de Mameshiba Catch ou 豆しばつまみ

Le procédé est maitrisé et il suffit d’allumer la télé japonaise pour être inondé de spots humoristiques, colorés et (trop) plein de vie. En tant qu’occidentaux, on aime ou on aime pas, ce qui est sûr, c’est que la télé japonaise laisse rarement indifférent, que ce soit au niveau de la publicité, des programmes TV ou même de la grille de programmation.

 

Hanami – Quand on regarde les fleurs de cerisier éclore au Japon

Hanami

Un cerisier japonais en fleur... à Strasbourg !

En occident, pour célébrer le printemps ou l’automne, on change d’heure, on range les doudounes (ou inversement) et on vérifie fébrilement la météo journalière. Pour autant, nous n’avons pas d’évènement national fêtant l’arrivée d’une saison ou d’une autre (ou alors celui-ci n’est que très peu répandu). C’est pourquoi je vais vous parler d’une coutume japonaise qui intervient à cette période de l’année (à savoir fin mars, début avril) :

 

Il s’agit de Hanami : 花見, ou littéralement « regarder les fleurs ».

Cette coutume très largement suivie au Japon consiste à se regrouper avec sa famille ou ses amis afin d’admirer l’éclosion ou la pluie de pétales des arbres en fleur.
On célèbre Hanami pour le prunier (ume) et le pêcher, cependant l’arbre le plus emblématique et largement suivi reste le cerisier (vous savez, cette pluie de pétales roses que l’on voit immanquablement dans tous les films nippons). Ainsi, faire Hanami avec la floraison des cerisiers, c’est l’occasion pour les japonais de pique-niquer sous les arbres avec un bon prétexte pour boire plein d’alcool.

Hé oui… Oubliez cette image bucolique de la petite nappe à carreau sous les cerisiers avec votre sandwich et quelques amis, le tout au calme et à l’ombre d’un magnifique cerisier en fleur. Hanami, comme beaucoup d’autres choses au Japon, c’est bondé de monde (du moins dans les grandes villes) et on y boit beaucoup (et ce dès midi). On se retrouve entre amis ou en famille, on mange, on trinque et on admire la beauté des cerisiers en fleur aux côtés de centaines d’autres personnes venues célébrer la même chose. Ne vous trompez pas, malgré le monde cela reste quelque chose d’inoubliable.

On peut maintenant se poser cette question : Pourquoi cet évènement ?

Parce que nos deux cultures sont radicalement différentes.

Si l’occident voyait l’Homme comme la création ultime sur Terre et dans l’univers, cet anthropocentrisme n’avait pas cours au Japon où le Shintoïsme voyait celui-ci comme intégré dans un environnement naturel qu’il doit respecter et préserver. De cette conception, les japonais ont ainsi célébré la Nature et dans le cas présent les quatre saisons (四季, ou shiki, concept particulièrement cher aux japonais). Ainsi, de la même manière qu’on a Hanami pour le printemps, on retrouve Kôyô (紅葉) pour les feuilles rouges d’automne et d’autres évènements liés à la nature (Tsukimi, etc.).

Bien entendu, cette approche de la nature ne s’arrête pas là, et une bonne manière d’en avoir un aperçu est d’étudier le shintoïsme, la rénovation de leur temple, leurs matériaux de construction…
On a souvent cette image d’un Japon hyper-industrialisé où la nature serait absente, c’est partiellement vrai, mais c’est justement au travers de ce type d’évènements que les japonais renouent au quotidien avec une nature qui a bien souvent disparu de leur environnement immédiat.

 

No Ink Translation sur MSN news

Parfois, quand on tient un blog, on a de petites surprises. Des commentaires viennent, des interactions inespérées et même un certain succès pour certains articles. Après tout, c’est le principe d’un blog, faire partager des choses et échanger sur le sujet avec tout le monde.

Mais quel rapport avec MSN news ?

Il y a quelques jours, en vérifiant le nombre de visite sur notre site No Ink Translation, nous eûmes la surprise de voir qu’en une seule journée, plus de 700 visiteurs étaient venus et qu’à partir de ce jour venaient encore régulièrement une 50aine d’autres visiteurs par jour.
Jusqu’ici, tout est génial, seulement pourquoi cet afflux soudain ?

Première surprise : La principale page concernée était un article de ce blog : Le divertissement au Japon
Deuxième surprise : Toutes ces visites venaient du Japon (le blog étant entièrement en français, on peut se demander pourquoi)

Après quelques recherches, voici ce que l’on a trouvé :

http://topics.jp.msn.com/wadai/searchina/article.aspx?articleid=920420

Donc effectivement, c’est en japonais. Ce qu’on peut néanmoins retenir, c’est qu’il s’agit là de MSN news, quelques recherches en plus nous apprendront qu’il s’agissait en fait de la société Searchina (lien en anglais), qui relaie du contenu international pour les plus gros portails internet (vous savez, ces petites news que l’on voit sur yahoo ou MSN) et qui a donc décidé de nous mettre sous le feu des projecteurs.
Quant au contenu, il s’agit d’une traduction adaptée pour les japonais des points que je traitais dans le texte original (comment les français s’amusent-ils et pourquoi sont-ils surpris en arrivant au Japon, si on résume).

Donc que peut-on en retirer finalement ?

Et bien c’est à voir !

Mille visiteurs japonais ne sachant probablement pas parler la langue qui atterrissent sur une page entièrement en français, le doute est permis. Néanmoins, c’est sans doute toujours intéressant en terme d’image et de sensibilisation du public (n’oublions pas que le site de No Ink Translation est aussi en japonais).

Et le tout grâce à un simple article sur internet.

 

Comment s’amuse-t-on au Japon ?

Ou l'intérêt des virées en voiture

Paysages inaccessibles sans voiture, d'où l'intérêt des "drive" abordés dans cet article.

Le club Dorothée, Game One, les Pokémons, les mangas, les pubs Bandai-Namco pour les dernières figurines à la mode sans compter les jeux vidéo. Qu’elle le veuille ou non, la France s’est vue envahir de produits « Kawaii » (et d’autres moins kawaii) ces vingt dernières années. Bien entendu, même s’il y a eu quelques petites adaptations (j’entends déjà les fans hurler contre certaines VF), la plupart des produits venus sur le sol français était une simple transposition de ce qui existait déjà là-bas. Le succès que cela a connu en France, les proportions que ce phénomène prend encore aujourd’hui, tout cela aurait tendance à nous faire porter des conclusions hâtives sur le secteur du divertissement au Japon. D’où cet article.

Premier point intéressant à soulever : dans quelles proportions les japonais sont-ils friands de ce qu’ils nous ont envoyé en France ?
Même s’il y a des contre-exemples, il est évident qu’avant de pouvoir s’exporter jusqu’à chez nous, leurs produits ont nécessairement connu un franc succès au Japon. Pokemon, Dragon Ball, One Piece, Final Fantasy, autant de produits que l’on voit encore couramment en marchant dans la rue là-bas. Alors bien sûr, comme dit l’adage, « nul n’est prophète en son pays » et comme pour MacDo aux Etats-Unis, la concurrence est plus dure sur place avec l’existence de monstres locaux inconnus à l’étranger (Dragon Quest vs Final Fantasy, Monster Hunter, etc) mais il ne faut pas se tromper, ils ont pour la plupart bien marché sur le « pays île ».

Malgré tout, si ces produits représentent une part relativement importante du divertissement au Japon (il suffit de voir le nombre de films Naruto, les jeunes et moins jeunes lisant des mangas dans le métro, etc. pour s’en convaincre), comment s’amuse-t-on quand on ne lit pas ou qu’on veut aller en ville ? Voici donc une petite liste des divertissements présents là-bas de manière massive :

  • Le karaoke : Véritable institution au Japon, les japonais(es) en raffolent. Vous en trouvez à peu près tous les 200 mètres dans certains quartiers. Ils fonctionnent 24/7, ils comprennent différentes formules (notamment une formule nocturne très pratique et bon marché quand l’hôtel est loin). Il s’agit de petites salles avec un TV, 1 ou 2 micros, un pad pour choisir la chanson et un téléphone pour commander du ravitaillement. Le tour est joué. NB : kara veut dire « vide » en japonais, oke est un diminutif d’orchestre
  • Les salles d’arcade (ou game center en japonais) : Une immense salle, plusieurs étages, le tout rempli de toutes sortes de machine (borne d’arcade). On y trouve des jeux de combat, de méchas, du rétro, des machines à sous, des simulations de courses, des jeux de carte, du mah-jong. A peu près tout en somme.
  • Les batting centers (ou bat center) : Les japonais sont très friands de baseball, ce sont donc développés des centres où l’on peut entraîner moyennent quelques centaines de yens (quelques euros) son coup de batte. Plusieurs vitesses possibles, 90km/h, 110km/h et 130km/h. Le summum de la frustration pour un européen qui n’a jamais tenu de batte de baseball de sa vie.
  • Doraibu ou Drive, faire une virée en voiture. Il est assez courant de partir faire un tour en voiture quelque part pour le plaisir. Là où beaucoup en France y voient un embêtement, des bouchons, de la pollution et une essence hors de prix, il est intéressant au Japon de prendre sa voiture, d’emprunter de petites routes de campagne et de visiter des villages coupés de tout transport en commun.
  • Le cinéma, la TV, le bowling, les boites de nuit, les concerts, on trouve aussi cela en France donc je ne m’attarderai pas dessus.
  • Les clubs : la pêche, la cuisine, le sport. L’activité en club est légèrement différente au Japon, elle représente une dimension sociale importante et quasi incontournable. Au lycée, à la fac, au sein de l’entreprise, les japonais sont encouragés à participer à un ou plusieurs clubs. Ces clubs permettent de rencontrer des collègues, des aînés, des camarades de classe : le rythme de travail étant parfois très soutenu, ils facilitent l’activité sociale des japonais (NB : attention messieurs, les ateliers d’Ikebana sont majoritairement suivis par des filles).
Pour résumer, il s’agit ici d’un aperçu, certains points présentés mériteraient un article à eux tout seul. Le karaoke par exemple, quel mécanisme a pu provoquer un tel engouement chez les jeunes et moins jeunes ? La dimension du baseball, le parallèle à faire avec les états-unis, l’importance du sport au lycée (un coup d’oeil ici vous éclairera très vite, rien à voir avec nos olympiades). Nous reparlerons donc de tout cela dans un futur article, n’hésitez pas à commenter si vous avez constaté un oubli flagrant.

 

L’importance de la carte de visite au Japon

La carte de mon compère, Yuzo Sato

La carte de mon collègue, Yuzo Sato

Tout d’abord une petite histoire :

Une grande entreprise japonaise X rencontre une autre très grande entreprise Y, celle-ci étrangère. Ces deux entreprises envisagent un partenariat qui leur serait à toutes deux extrêmement profitable. A priori, tout démarre sous les meilleurs auspices. L’entrevue se déroule bien, après l’échange de salutations, cartes de visite et autres, tout ce petit monde visite la maison mère d’une des deux entreprises. L’après-midi se termine et afin de clôturer au mieux une journée bien remplie, il est décidé d’aller au restaurant et de découvrir la cuisine locale. Tout semble se dérouler bien, tout le monde prend congé et chacun rentre chez soi.
Seulement voila, quand l’entreprise étrangère Y reprend contact avec l’entreprise X, celle-ci se rend compte que finalement, rien ne sera fait et qu’aucun partenariat ne sera mis en place… Pourquoi ?

Réponse : l’entreprise Y découvrira quelque temps après que lors du dîner, son PDG qui avait un bout de viande coincé entre les dents a fouillé dans sa poche à la recherche d’un papier qu’il a utilisé pour l’en déloger. Manque de chance, il s’agissait de la carte de visite du PDG japonais.

Cette amusante anecdote (véridique) vous illustre l’importance de la carte de visite au Japon.

 

En France, suivant le cursus commercial que l’on suit, il y a plusieurs écoles. Certains estiment que la carte de visite est surannée, d’autres qu’il faut la donner dès le début, d’autres encore tout à la fin afin de favoriser la mémorisation de l’interlocuteur. Finalement tout cela est plus une affaire de stratégie qu’autre chose.

Au Japon par contre, il y a des codes pour ça (comme pour beaucoup d’autres choses d’ailleurs).

  1. La carte de visite (qu’on appelle Meishi « 名刺 ») se donne au début, au moment des présentations.
  2. Elle se donne et se reçoit avec les deux mains tout en inclinant légèrement la tête et le buste, signe de déférence.
  3. Les bras sont si possible fléchis
  4. On marque quelques secondes de pause pour prendre le temps d’examiner la carte de son interlocuteur, ce afin de lui montrer son intérêt.
  5. On la range précautionneusement dans quelque chose spécialement prévu à cet effet

Dit comme ça, cela peut paraître trivial mais là où occidentaux se permettent quelques libertés, les japonais le font rarement. Cet échange de carte représente après tout la première impression réciproque (la plus importante, paraît-il).
De plus, cela peut aussi favoriser le lancement de la conversation. On y parle de l’emplacement des bureaux, de la rareté du nom de son interlocuteur ou encore de l’aspect visuel du logo et de la carte. Il y a foison de guides sur internet, un petit exemple illustré ICI (sous forme de BD).
Dans ce petit guide destiné aux japonais, on vous explique (avec illustrations couleur) comment échanger sa carte (les 4 points situés un peu plus haut, en plus détaillé) mais aussi par exemple, dans le cas d’une rencontre multi-niveaux entre entreprises, l’ordre dans lequel cet échange doit se faire (on part du plus haut poste vers le plus bas donc haut-haut, haut-moyen, haut-bas).

Bien entendu, cette rigueur vaut principalement entre japonais. Un japonais n’attendra pas de votre part un respect inconditionnel de ses us et coutumes. Cependant, Il est bien évident que le faire ne peut être que bénéfique pour vous et vous préparera au mieux afin d’éviter les écarts que le fossé culturel peut engendrer.

Il y a comme cela un certain nombre de subtilités dans la façon de faire du commerce au Japon, la carte de visite en est un bon exemple mais ce n’est pas le seul. Je vous invite à lire mon article sur les nomikai, ces réunions alcoolisés après le travail typiquement japonaises si vous voulez une autre illustration du business à la japonaise.

 

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à prendre contact avec nous ou visiter la page « services » de notre site internet.